dimanche 12 juin 2016

Interview de Yvon KERVINIO par R. Mazurié des Garennes

Je suis votre blog depuis sa création. Je vois que vous avez dépassé les 500 articles en moins d'un an... C'est incroyable !
D'accord, j'ai fait le travail de mettre ces articles, de préparer les photos, mais c'est l'ensemble des photographes qu'il faut saluer. Merci pour leur confiance dans ce que je leur proposais. C'est grâce à eux qu'il y a cette diversité et donc la richesse du blog. Nous sommes une douzaine d'amis photographes qui avons compris que c'était un moyen de donner vie à nos images.

Il y a des photographes connus dont on ne voit pas le nom ! Ce ne sont pas vos amis ?
J'ai proposé à tous les photographes que je connais de participer au blog, en leur expliquant bien les buts que je voulais atteindre. S'ils n'y sont pas, c'est qu'ils ont refusé. Ce que je regrette car ce blog est un concept original qui ne fait de l'ombre à personne.

Des noms ?
Si vous y tenez. Par exemple, Christian Sudre a toujours rejeté toutes les propositions de collaboration que je lui ai faites. Il m'a même dit un jour :"Mais personne ne va voir ton blog !" Même si peu de monde visite ce blog comparativement à Burguscircus, je n'arrive pas à comprendre une attitude orgueilleuse ou même parfois envieuse. Le soleil brille pour tout le monde !
Il a même réussi à faire des choses un peu semblables à ce blog avec les photos de Bertrand Guay, un excellent photographe qui a préféré Burgus.
Christophe Roullin, dont on n'entend plus parler d'ailleurs, a refusé parce que je ne mets pas le nom du photographe sur la photo. Martine Simon m'avait dit d'accord mais elle a tellement de travail (et je la crois) qu'elle pare au plus pressé. Voilà pour les plus connus de notre microcosme circophile.

Justement, pourquoi ne mettez-vous pas le nom du photographe sur la photo ?
Le concept du blog a deux idées de base : montrer nos photos et faire reconnaître leur paternité. Pour cette deuxième idée, le nom du photographe est inscrit dans le titre de l'article et c'est autrement plus efficace qu'une signature dans l'image qu'il n'est pas compliqué d'effacer.
Pourquoi je ne mets pas le nom ? Dans la plupart des journaux, la signature n'est pas dans l'image mais dessous ou à côté. On respecte ainsi l'intégrité du cadre. C'est un point de vue d'esthète, peut-être.
Quelle horreur ces photos barrées d'un filigrane pour qu'on ne puisse pas les "emprunter", la marque d'une vraie paranoïa.
Les photos sur internet et sur ce blog sont affichées dans une résolution réduite qui permet d'en faire éventuellement un tout petit tirage. Si ça fait plaisir aux "emprunteurs", ça change quoi ? Nous ne sommes absolument pas dans une perspective commerciale.

La photo de cirque ne se vend-elle pas ?
Les professionnels et leurs agences font certainement des actes de vente vers quelques journaux. En réalité, j'ignore tout de ce marché qui ne m'a jamais concerné. Mais c'est sans doute un tout petit marché. Ce que je sais par contre, c'est que les grands établissements qui font appel à un professionnel pour leur programme (Roncalli) ou les photos de studio (Knie) ont un contrat normal avec les photographes. Mais même chez Knie, les photos d'artistes du magazine ne sont jamais payées. Thierry Bissat qui en fournit pas mal peut en témoigner : mais cela ne gêne pas les amateurs passionnés que nous sommes car nous avons des contre-parties qui nous conviennent (invitations, accès permanent) et qui permettent d'enrichir notre collection d'images. Ce que les professionnels nous reprochent d'ailleurs.
C'est aussi ce qui se passe pour les invités du jury du Festival de Figueres. C'est un deal qui nous plaît bien, du donnant-donnant où tout le monde trouve son compte.

Vous avez publié chaque année un album sur le spectacle de Figueres. Quelle est votre motivation ?
Je n'ai pas attendu d'être invité à Figueres pour publier. Une photo n'existe vraiment que lorsqu'elle est publiée, imprimée. Regardez la liste des ouvrages sur le cirque dont je me suis occupé, les cartes postales... C'est une sauvegarde, d'une certaine manière. C'est aussi une façon d'exister parce qu'il y a du partage (même s'il faut vendre un peu pour payer les frais d'impression !). C'est quand même du partage, partage de connaissances, d'émotions...
Vous me parlez de Figueres, mais vous oubliez que je l'ai fait au Cirque éducatif, à Domont, au Mans, à Quimper. En fait, chaque fois que je sentais que cela pouvait faire plaisir. A Figueres, Genis Matabosch est un homme d'images et de conservation de ces images. Il y a forcément partage. Et ça c'est formidable.

Revenons au blog. Quel avenir lui voyez-vous ?
J'aurais tendance à dire que tant que nos amis fourniront des photos, il continuera à s'enrichir, même s'il est chronophage comme tout site ou blog.
D'autres photographes qui partagent notre passion peuvent nous rejoindre. Il n'y a aucune exclusivité requise pour les photos qui peuvent avoir déjà été publiées ailleurs. Mais je ne veux pas publier de photos de matériel, le cirque c'est d'abord le spectacle, pour moi.


  

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